Janvier 2016…la suite en 2017 ?

Traversée du désert en poker,

on appelle cela un bad run.

Ça peut durer des années.

Certains ne s’en remettent jamais.

 

 

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Dans la tête de Big Roger.

Extraits choisis : …
« Si nous partageons ce blog, Janluk et moi-même, c’est pour que tour à tour nous prenions la parole. J’ai lui ai donc dicté mes idées, il est entré dans ma tête en quelque sorte, afin de mieux restituer le fond de ma pensée. C’est pour cela que cet article sera à la première personne du singulier…
C’est moi, Roger, qui vous raconte les faits suivants. Je vais essayer d’être plus bref que notre humorialiste préféré. Tout en pesant bien mes mots…
Ce qui nous ramène quelques 2 années en arrière. A la disparition brutale d’une grande dame que tout le monde connait. Je ne suis pas là pour me plaindre, mais pour aider moralement celles et ceux, trop nombreux, qui m’écrivent en me disant leur peine, leurs souffrances, leurs échecs et leur désespoir. D’être passé de la passion du poker à la haine de la vie »…

 

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Ma traversée du désert.

Extraits choisis : …
« Sachez une chose en tout premier, c’est qu’une traversée du désert réussie est un exploit. Qui n’est pas donné à tout le monde. Donc ce titre est bien réel, car tout reprendre à zéro, quand vous pensiez que tout était sur les rails et qu’il suffisait d’un peu de temps encore, pour la consécration, c’est bien entamer une traversée du désert. Mais ce titre accrocheur est un semi bluff, car quand on a le savoir-faire, le know how, il suffit de se remettre au travail. Pour le bien de cette merveilleuse ville de Marrakech. Peu importent les outils. Qu’ils soient GCM ou autres…
Beaucoup de joueurs le savent donc, cette disparition brutale m’a affecté dans mon cœur et dans ma vie professionnelle. Je passe sur les détails qui ne regardent que moi-même et les nouveaux dirigeants. Nous sommes d’une autre génération, donc nous n’avons pas la même vision de choses. Sur la forme du moins. Car sur le fond, nous visons tous le succès du poker à Marrakech. Bien sûr, je suis resté groggy, KO debout. Ma tête disait « avance Roger », mais les jambes ne me portaient plus. Le temps importe peu dans ce cas. Un an, 18 mois ? C’est plus tard que les comptes seront faits : les semaines défilaient, je ne réalisais pas encore l’étendue des dégâts. Je le redis, il m’a fallu  faire une croix sur presque 10 années d’investissement personnel, sans pour autant relâcher mon attention sur mes responsabilités de chef de famille…
Le désert est grand, le désert n’en finit pas de se moquer de vous. A corps perdu. Comme dans « Mes amours et mes emmerdes » de Charles Aznavour. Ils sont difficiles à trouver les points d’eau, pour se reposer et reprendre ses esprits. Il y en a, bien sûr, mais ils ne sont pas indiqués. Sur aucune carte, sur aucun GPS de survie. Ce qu’il faut, lorsque l’on entame une telle traversée, c’est trouver une oasis qui ne sera pas asséchée en quelques semaines. Ce qui est crucial, c’est de poser son bivouac près du point d’eau, sans prendre la place de quiconque et en prenant également la mesure des règles d’hospitalité et de bienséance du pays qui vous accueille.
Mes points d’eau furent, tout au long de cette reconstruction, en tout premier un personnage dont je tairai le nom. Un homme extraordinaire et qui partage les mêmes idées que moi. Un homme qui me fait confiance à 100%. Seconde oasis, après le GCM, mes 3 fils qui sont revenus travailler avec moi. Déménagement de Cannes à Marrakech.
Vous dire ce que fut pour moi cette longue marche et surtout vous décrire les symptômes du mal qui me rongeait, ne servirait à rien. Chacun ressent les maux, la tristesse ou la trahison différemment. Comme cette indicible douleur qui vous étreint le torse, le cœur ou l’estomac, lors du constat de cette aporie qui vous ronge de l’intérieur. Pour les uns, elle vous prend aux tripes, au bas ventre, comme si une bête vous mordait sans jamais lâcher prise. Pour d’autres, la paresse de la vie s’installe en eux de manière pernicieuse et insidieuse, jusqu’à prendre possession de votre volonté.
J’ai eu la chance de faire cette traversée comme une épreuve classique. Douloureuse, comme toutes les épreuves, mais un tel combat de plus à gérer. Peut-être grâce à mes années de combat au judo ? Marc me comprendra parfaitement. Sans doute parce qu’une nouvelle famille m’a tendu la main sans réserve. Le GCM de la Mamounia à Marrakech » …

 

désert retLe désert n’en finit pas.

 

Savoir se reconstruire.

Extraits choisis : …
« La force des sportifs de haut niveau est d’avoir le mental, la volonté, donc le pouvoir et de savoir repartir de zéro. Comme un athlète blessé. Ou comme un homme déchu…
Tomber en disgrâce en politique par exemple. Être « broke de chez broke » au poker. Être diminué physiquement du jour au lendemain dans le sport. Ce sont des épreuves qui nécessitent une force morale immense. Ce qu’un cinéaste a appelé « La mentale »…
Ces échecs, dans tous les domaines, beaucoup ne s’en remettent pas. Ils végètent ou gravitent autour de ceux qui continuent d’avancer. Bon an mal an. Au moment des faits dont je vous parle, il y a deux années environ, je ne dormais plus. J’étais hanté toutes les nuits, dévoré vivant par ma passion. Le poker. Passion que je ne pouvais plus assouvir comme je le voulais. Passion que je ne pouvais plus faire avancer ou progresser comme je l’aurais voulu. Nuit et jour, mon corps et mon esprit luttaient et c’est là que j’ai commencé à discerner le monde réel des strass et des paillettes. Ma passion pour le poker aurait pu devenir, sans projets, une addiction pure et simple. Et je n’avais personne à qui crier « au secours », car j’étais, en principe, celui à qui on s’adressait en cas de besoin urgent…

 

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– Je n’avais personne à qui crier « au secours »…

 

 

Un jeu plein de vertus.

Extrait choisis :
« Si je n’avais pas commencé à me reconstruire, avec ma famille, grâce à ma famille et pour ma famille, sans doute n’aurais-je pas eu peut-être, la chance de croiser ma nouvelle famille au GCM. Car normalement, il faut entamer une thérapie, il faut vouloir guérir pour remonter la pente. C’est pour cela que je parle de vertus thérapeutiques. Car repartir avec de nouvelles ambitions dans le poker, c’est redémarrer humblement pour se reconstruire d’une part, mais c’est aussi pour rebâtir avec ses nouveaux partenaires. Tout cela participe à cette reconstruction thérapeutique. Peu importe que l’échec soit venu de vous, de la vie ou de vos anciens partenaires. On ne bâtit rien sur la haine. On peut construire par amour, en revanche. Quand l’ouragan est passé, il ne reste plus que le travail à accomplir. Ce travail dont nous parlons sans cesse dans nos articles.
Le poker n’est pas une fin en soi ! C’est un loisir très prenant, qui doit être utilisé après avoir fait votre devoir : travail et famille… Mais il peut pour beaucoup, devenir une thérapie. Une détente, un second souffle, un exutoire, un jeu de stratégie, un passe temps, bref un loisir grand public à part entière. J’ai su gérer ma passion très savamment (je le dis à terme), en dosant amour, excès, sevrage et dose quotidienne : le tout en restant dans mes limites. Ce sizing qui commence dans votre jeu, dans votre range de mains, dans la gestion de votre bankroll au quotidien et enfin, dans le temps que vous y consacrez pour que le poker reste un plaisir partagé par les vôtres. Bref, le sizing de nos vies…
C’est la meilleure façon de vous prémunir des risques d’addiction, donc de faillite personnelle et familiale. C’est aussi un excellent dérivatif pour des femmes et hommes blessés physiquement ou moralement par la vie. Ce dérivatif réinculque la patience et vous donne un but. Puis il vous donnera, pour certains, la passion. Comme je le dis souvent, c’est au pied du mur qu’on voit le maçon. J’avais à choisir : aller chercher un troisième titre ou me remettre au travail. Je crois, deux ans après, avoir choisi le bon cheval : le travail ! Car désormais, je suis beaucoup plus libre de rencontrer les bonnes personnes et/ou les marques qui me feront obtenir (pour elles et moi) ce troisième titre qu’il me plairait tant d’acquérir.
Pour le GCM qui m’a fait confiance. Pour la France. Pour le Maroc. Pour ma famille et pour tous les joueurs qui me suivent et me font confiance ! Encore fallait-il pour cela, avoir l’esprit complètement libre et serein. C’est désormais chose faite...

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Il nous faut garder l’esprit libre…

 

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Le juste prix.

Extraits :
« Le juste prix est une conséquence que j’ai tirée de mes nombreux déplacements sur les 5 continents. La somme de toutes mes expériences. Pour tout, il existe un juste prix. Je vous cite un exemple : je déconseille aux jeunes d’aller à Las Végas. Pourquoi ? Parce qu’ils y sont attendus comme des lapins ou des perdreaux d’élevage, que l’on lâcherait dans un ball trap ! Ils arrivent avec leur balluchon et 20 k€ dans la poche et quoi ? Ils pensent pouvoir passer au travers de tous les pièges tendus par l’armée américaine de joueurs qui les attend. La part de chance ou d’incertitude ajoutée à la variance et à la force morale que nos jeunes n’ont pas encore, en fait mathématiquement des perdants sur le principe. Je vais vous confier une chose : il est possible que j’aille à Las Vegas en 2016. Peut-être.
Encore faudra-t-il tenir compte des variantes suivantes : si j’ai la bankroll suffisante pour y aller (environ 75 à 100 k€ pour 3 semaines de travail sur place) et les réserves mettant à l’abri ma famille, mes projets et les risques pris. Ensuite : je n’irai pas me fourvoyer dans BI style FDJ. Style 10 k€ pour un field de 8000 joueurs ! Ou alors, en étant passé par des satellites. Non, je choisirai des tournois à taille humaine avec des prizepool confortables. Je resterai, en deux mots, dans ma range de confort budgétaire. Ma range d’expérience et de maîtrise. Et là, j’aurai une petite chance mais bien réelle, de « passer entre les balles ». L’expérience, l’âge et la maturité parleront. En 2015, c’était encore un peu juste. Le travail et mes nouveaux chantiers me demandaient trop de temps. Tout ce dont je viens de vous parler…
Je fais venir régulièrement des gens à Marrakech, pour qu’ils découvrent notre petit Las Vegas, notre petite capitale poker. Un prochain BigMax, en janvier, visera avec Pascale et Janluk, une partie artistique et show business. Pour qu’ils découvrent eux aussi le poker non violent, peu onéreux et peu important en termes de résultats ! Mais qui donnera à chacun le droit d’être la Star d’un jour !! Avec le BigMax, il s’imprègneront de mon personnage. Simplicité, plaisir et loisir.
 james-deanLe rêve américain, oui ! Mais pas à n’importe quel prix.

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Tsunami on-line et à Paris

Extraits :
« Je devine et malheureusement je crois savoir, que les cartes on-line et en live à Paris seront redistribuées en 2017. J’annonce que c’est tout un monde qui va pleurer dans le poker. Ce ne sera pas un tsunami, non. Mais une sacrée tempête, genre force 7. Un coup de tabac qui va décoiffer certaines room. La physionomie des anciens Cercles se changera en Clubs londoniens. Nous deviendrons dans le genre Chesterfield, confort à la mode anglaise, etc… Je ne dévoile rien, je suis précurseur pas devin.
Toujours est-il que je suis prêt désormais, (sur Paris), à envisager de participer au changement… Après les ouragans, viendra le sirocco du Maroc. Car après une traversée du désert réussie, après les paris gagnés pour le Maroc et à Marrakech, il serait temps de s’intéresser à nouveau à notre Ville lumière.
Et après une traversée du désert réussie, on entamera peut-être une traversée de la jungle ? Moi adore les pays tropicaux… Qui m’aime me suive !
… à suivre »

 

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